Cartographie et toponymie : Martin de Hoyarçabal (1579)

Martin de Hoyarçabal

Avant la prise de possession officielle de Terre-Neuve et l’établissement d’un gouverneur à Plaisance les nombreux havres de l’île sont utilisés de façon saisonnière par les pêcheurs de diverses régions européennes. En conséquence l’importance de la pêche morutière imposera la nécessité de mieux connaître la géographie de cette vaste région de l’Amérique.

Aucune recherche toponymique ne peut se cantonner aux strictes limites de la cartographie. De même aucune carte ne peut faire l’objet d’une étude sérieuse sans l’apport des archives, des écrits et plus particulièrement des routiers et pilotes maritimes. Toutefois la disette des archives est telle que la recherche toponymique et l’étude cartographique de l’archipel seront toujours incomplètes.

Malgré cela, il existe quelques documents fort utiles qui nous permettent d’accoler les racines toponymiques de la cartographie régionale. Le routier de Martin de Hoyarçabal intitulé « Voyages Avantureux » et imprimé en 1579 (puis 1633) fait partie de cette classe. Quels sont les toponymes locaux qui furent inclus par Hoyarçabal ? Outre le fait que ce document contient la première référence au nom Miquelon (Miquetõ et Micquelle), il renferme un nom curieux qui correspondrait à l’actuelle île Verte : l’île Dargentine.

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« … il y a 2. autres entrées aux isles de S. Pierre, l’vne est su & l’autre est fort estroit, il y des baches couuertes beaucoup qui sont fort dangereuses, & l’autre est fort large & bõne, & ya force baches couuertes deuers Ababour & deuers su suest de l’isle quand tu viendras dedans arranges toy deuers Stibour ou par le millieu, allors n’aura danger de rien. »

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hoyarcabal-iiiVoici une liste complète des toponymes présents dans le routier d’Hoyarçabal se rapportant aux îles Saint-Pierre et Miquelon.

Les Isles de sainct Pierre : Iles Saint-Pierre

S. Pierre : Saint-Pierre

Colombeire : Grand Colombier

Ile Dargentine : Ile Verte?

pertuis de Miquetõ / Micqueton : Anse de Miquelon

pertuis de Micquelle / Micquellon : Anse de Miquelon


Note : cette série d’articles fut rédigée entre 1997 et 2004 dans le cadre d’une œuvre consacrée à l’histoire de la cartographie et de la toponymie de l’archipel. Le projet n’ayant abouti, les ébauches vous sont livrés tels quels avec pour seul objectif de mieux faire connaître cette facette particulière de notre histoire.

Cartographie et toponymie des îles Saint-Pierre et Miquelon.
De 1579 au traité d’Utrecht

 

Marc Albert Cormier

Marc Albert Cormier est originaire des îles Saint-Pierre et Miquelon. Passionné par l'histoire de son archipel natal, il a consacré d'importants moyens à la mise sur pied de ce projet d'encyclopédie virtuelle et historique.

2 pensées sur “Cartographie et toponymie : Martin de Hoyarçabal (1579)

  • octobre 27, 2015 à 3:22
    Permalink

    C’est avec plaisir que je découvre en vos lignes ce rappel des « VOYAGES AVANTVREVX DV CAPITAINE MARTIN DE HOYARSABAL, Habitant de Cubiburu  » .
    Toujours intéressé par tout ce qui touche l’Archipel (histoire, photos, Grande Pêche), je m’étais procuré moi-aussi, à la BNF, la copie de ce routier de l’Atlantique Nord, sans doute l’un des premiers.
    C’est assez émouvant de parcourir les 156 pages de l’ouvrage, tous ces détails de la côte qui nous paraissent, avec le recul, bien vagues (le GPS était encore dans les limbes). Mais tout était déjà là, la déclinaison du soleil, la déviation magnétique de « l’estoille de nord » du côté de Terre-Neuve, les « degrez » de toutes terres, etc …
    Encore merci d’avoir ramené tout cela, pour quelques instants, au grand jour,
    Cordialement,
    jacques durand

    Répondre
  • octobre 27, 2015 à 8:45
    Permalink

    Bonjour Jacques, j’ai découvert le Routier de Hoyarçabal lors d’une conférence où j’ai pu rencontrer Selma Barkham. Quand je lui ai dit que j’étais originaire des îles et que m’intéressait à sa cartographie, Mme Barkham m’a tout de suite orienté vers ces textes fondateurs. Comme vous, je m’en étais procuré un exemplaire de la BNF.

    Je sais, à la lecture de Ch de la Roncière, que ce routier est fort inspiré, pour ne pas dire plus, des routiers de Jean Alfonse, mais ce dernier n’a jamais évoqué Miquelon, Saint-Pierre ou les îles avoisinante.

    http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1904_num_65_1_448204

    Merci pour ce message !
    Très cordialement,

    Répondre

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